Budget 2027 : Tunis mise sur l’autonomie financière et l’IA contre la fraude fiscale
Le projet de budget 2027 place la mobilisation des ressources sous le signe de l’autonomie financière et de la réduction progressive du recours à l’endettement extérieur. Le gouvernement entend élargir l’assiette fiscale, intégrer le secteur informel et renforcer la lutte contre l’évasion grâce au numérique et à l’intelligence artificielle.

La politique de mobilisation des ressources de l’État pour 2027 s’inscrit dans un choix stratégique : renforcer l’indépendance financière et ancrer le principe du recours à soi-même. Selon un document du ministère des Finances sur les orientations du projet de budget, l’objectif est de permettre à l’État d’honorer ses engagements tout en préservant la souveraineté de sa décision nationale, en limitant progressivement le recours à l’emprunt extérieur.
Cette ligne est précisée dans la circulaire de la cheffe du gouvernement (n° 2 du 14 avril 2026) relative à la préparation du budget. Le texte appelle à améliorer le rendement du système fiscal par l’élargissement de l’assiette et l’intégration du secteur parallèle, grâce à une intensification des efforts des différentes structures et à une meilleure coordination de leurs interventions.
Les orientations visent aussi à renforcer la conformité volontaire, à simplifier les procédures et à développer les services numériques, afin de rétablir la confiance entre l’administration fiscale et les opérateurs économiques.
Parmi les nouveautés, la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales doit s’appuyer sur le numérique, l’intelligence artificielle, l’analyse des données et l’interconnexion des bases d’information entre les structures concernées. Cette approche doit permettre un contrôle plus serré et une meilleure collecte des recettes fiscales. La modernisation de l’administration fiscale et douanière, ainsi que la simplification des parcours administratifs, figurent également au programme.
Côté avantages fiscaux, les orientations prévoient une approche sélective fondée sur l’évaluation de la pertinence économique, sociale et environnementale. L’appui doit se concentrer sur les secteurs à forte valeur ajoutée et les filières stratégiques liées au développement durable et à la transition écologique. La fiscalité est aussi appelée à soutenir l’initiative privée et la création d’entreprises, tout en renforçant le rôle des entreprises communautaires comme levier de développement local dans les régions intérieures.
Sur les ressources non fiscales, l’État prévoit de diversifier ses sources en valorisant le patrimoine public, en améliorant la rentabilité des entreprises publiques et en exploitant mieux les richesses nationales. La reprise du rythme de production et d’exportation du phosphate est particulièrement mise en avant, avec l’ambition d’élever le taux d’autofinancement des dépenses et de préserver les grands équilibres des finances publiques.
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