Gabès : la Tunisie et la Chine lancent la construction d'un centre d'oncologie pour réduire les inégalités d'accès aux soins
La construction d'un centre de traitement du cancer à Gabès, financée avec l'aide de la Chine, a été lancée le 23 août. Le projet vise à rapprocher les soins oncologiques des habitants du sud tunisien, une région où les équipements lourds comme la radiothérapie restent rares. Son impact réel dépendra toutefois des moyens humains et matériels qui accompagneront sa mise en service.

La Tunisie et la Chine ont lancé le 23 août la construction d'un centre de traitement du cancer à Gabès. Au-delà de la coopération bilatérale, le projet répond à une difficulté structurelle : l'accès encore inégal aux équipements lourds, notamment à la radiothérapie, alors que le cancer représente une charge sanitaire et financière croissante pour le pays.
## Un établissement de 4 000 m² dédié aux soins oncologiques
Le futur centre doit rapprocher une partie des soins oncologiques des habitants du sud tunisien. Selon l'agence Xinhua, l'établissement, financé avec l'aide de la Chine, couvrira environ 4 000 m² et comprendra un hôpital de jour, une unité de radiothérapie, un laboratoire d'anatomopathologie ainsi que les équipements associés.
L'enjeu dépasse largement la simple construction d'un nouvel hôpital. Selon GLOBOCAN 2022, référence internationale du Centre international de recherche sur le cancer, la Tunisie a enregistré environ 20 550 nouveaux cas de cancer et 12 580 décès en 2022. Le cancer du poumon arrive en tête des nouveaux cas, devant le cancer du sein et le cancer colorectal.
## Une offre de radiothérapie concentrée dans les grands pôles
Le traitement du cancer repose, selon les cas, sur la chirurgie, la chimiothérapie, la radiothérapie, l'hormonothérapie ou encore des médicaments ciblés et immunothérapies. Mais leur disponibilité demeure inégalement répartie sur le territoire.
La Carte sanitaire 2024 du ministère de la Santé recensait notamment 20 accélérateurs linéaires bi-énergie, dont huit dans le secteur public et douze dans le privé, auxquels s'ajoutaient quatre accélérateurs mono-énergie publics et cinq appareils au cobalt dans le privé. Onze scanners de simulation, nécessaires à la préparation des traitements de radiothérapie, complétaient ce parc.
Ces équipements restent largement concentrés dans les grands pôles hospitaliers. Or le cinquième district sanitaire, qui comprend Gabès, Médenine, Tataouine et Kébili, compte près de 1,3 million d'habitants, soit environ 11 % de la population tunisienne. Pour certains patients, l'absence d'un plateau technique à proximité signifie des déplacements répétés vers d'autres régions, particulièrement contraignants lorsque la radiothérapie nécessite plusieurs séances.
## Le coût, autre barrière aux soins
Le cancer impose également une lourde charge financière au système de santé et aux familles. Les données tunisiennes détaillées sur les coûts restent toutefois anciennes : une étude publiée par l'OMS sur le cancer du poumon, portant sur des patients traités entre 2008 et 2010, estimait le coût médical direct moyen à environ 3 900 dinars par patient, la chimiothérapie représentant à elle seule 46 % des dépenses.
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