Festival international de Carthage : « Musiques de mon pays », quand la mémoire tunisienne retrouve un nouveau souffle
Dirigé par le maestro Shady Garfi, l'Orchestre symphonique tunisien a offert, le 22 juillet sur la scène antique de Carthage, un voyage à travers soixante ans de chanson tunisienne. Entre grands classiques revisités et voix de plusieurs générations, le spectacle « Symphonies 60 » a célébré le 60e anniversaire du festival, avec en invitée d'honneur la chanteuse palestinienne Rola Azar.

## Une soirée anniversaire sous le signe du patrimoine
Il est des concerts qui ne se contentent pas d'aligner des mélodies : ils réveillent une mémoire. Le 22 juillet, sur le théâtre antique de Carthage, l'Orchestre symphonique tunisien (OST), placé sous la direction du maestro **Shady Garfi**, a conquis les plus nostalgiques du public tunisien — et pas seulement eux. Car la soirée fut aussi l'occasion, pour les plus jeunes venus partager ce moment avec leurs parents, de (re)découvrir quelques-uns des morceaux les plus emblématiques de la chanson tunisienne.
Intitulé **« Musiques de mon pays » (Symphonies 60, 60 ans de musique tunisienne)**, le spectacle célébrait le 60e anniversaire du Festival international de Carthage. La ministre des Affaires culturelles et cheffe d'orchestre **Amina Srarfi** avait, bien entendu, tenu à marquer de sa présence ce rendez-vous symbolique.
## Des danseuses en blanc pour ouvrir le bal
La soirée s'est ouverte sur une séquence chorégraphique. Drapées dans de longues robes blanches, les danseuses ont offert une apparition tout en finesse, installant d'emblée une atmosphère de légèreté et de recueillement à la fois.
Quelques instants plus tard, ce sont plusieurs générations d'interprètes et de sensibilités qui se sont succédé sur la scène antique.
## Un plateau intergénérationnel
- **Noureddine El Béji**, voix emblématique du tarab et du chant soufi ;
- **Chokri Bouzayen**, auteur-compositeur-interprète incontournable ;
- **Asma Ben Ahmed**, dont la voix puissante navigue entre variété arabe et répertoire tunisien.
La nouvelle génération n'était pas en reste, représentée par **Ahmed Rebaï**, belle voix héritière d'une grande famille musicale, **Lilia Ben Chikha**, interprète attachée aux grandes expressions de la chanson tunisienne, et **Arij Brayek**, porteuse d'une sensibilité plus contemporaine.
La soprano **Nesrine Mahbouli** a apporté une touche lyrique en faisant dialoguer technique vocale classique et mélodies tunisiennes, tandis que la luthiste **Ghalia Ben Hlima** livrait un oud virtuose, profondément ancré dans la tradition.
## Rola Azar, une voix venue de Palestine
Invitée d'honneur de la soirée, l'artiste palestinienne **Rola Azar** a fait retentir, de sa voix puissante et bouleversante, son morceau emblématique en hommage à sa nation meurtrie : **« Ikhla' Na'alak Ya Moussa »** (Ô Moïse, enlève tes sandales). Écrite et composée par Fadi Zaraket, arrangée par Joseph Demerjian et sortie en mai 2024, cette chanson figure parmi les plus engagées de son répertoire.
Partager
Dans la même catégorie

Chokri Bouzayen à Hammamet : Une ode magistrale au patrimoine musical tunisien
Dans le cadre de la 60ème édition du Festival International de Hammamet, Chokri Bouzayen a offert un concert mémorable célébrant l'identité nationale. Entre classiques incontournables et montée en puissance de jeunes talents, la soirée a marqué un moment de communion intergénérationnelle.
