Angélique Kidjo à Carthage : la diva béninoise célèbre l’Afrique, la musique et l’espoir
À la veille de son premier concert sur la scène mythique de l’amphithéâtre romain, dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Carthage, Angélique Kidjo a accordé une interview exclusive à la TAP. La lauréate de cinq Grammy Awards y évoque ses racines, son album HOPE!! et son plaidoyer vibrant pour la jeunesse africaine.

À moins de deux heures de son tout premier concert sur la scène de l’amphithéâtre romain de Carthage, la diva béninoise Angélique Kidjo, lauréate de cinq Grammy Awards, a accordé jeudi soir une interview exclusive à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP).
Dans l’intimité de sa loge, la chanteuse – qui partage sa vie entre Paris et New York – est revenue sur plus de quarante ans de carrière, le deuil qui a inspiré son album *HOPE!!*, son engagement en faveur de la jeunesse africaine et sa conviction profonde que « l’Afrique est la racine de toute musique du monde ».
## « L’avenir vous appartient »
En marge de cet entretien, interrogée face caméra, Angélique Kidjo s’est adressée au jeune public tunisien et africain : « L’avenir vous appartient. » Avant d’ajouter, à l’attention des parents et de ses fans : « Ne baissez pas les bras, demain sans doute sera toujours meilleur. Si on est ensemble, on est gagnants. »
Accompagnée de son époux, le musicien et producteur français Jean Hébrail, l’artiste a livré des confidences inédites. De la perte de sa mère à l’urgence de l’emploi pour la jeunesse du continent, en passant par la puissance géopolitique de la culture, la reine de l’afro-fusion a dressé un plaidoyer d’une rare intensité.
## Carthage, une invitation chargée d’histoire
Pour Angélique Kidjo, fouluer pour la première fois la scène du Théâtre antique de Carthage revêt une dimension particulière. « C’est une ville qui a une histoire importante pour le continent africain et dans le monde, surtout pour tous les Méditerranéens », a-t-elle souligné. Elle établit un parallèle entre le passé et le présent : « Il y a eu des gens courageux qui ont créé Carthage et qui l’ont défendue jusqu’au bout. Ils ne sont plus là, mais Carthage est toujours debout. Les Romains ont voulu détruire Carthage complètement, mais Carthage est toujours là ! »
## La musique africaine, racine du monde
Sur la fusion de ses racines béninoises avec le jazz, la soul, le funk ou l’afrobeat, la chanteuse refuse l’idée d’un simple « équilibre » entre tradition et innovation. « Mes racines sont partout. Il n’y a pas de musique dans le monde sans le continent africain. La personne qui dit le contraire ne connaît pas son histoire. Nous sommes tous des Africains. »
Elle rappelle que l’Homo sapiens trouve son origine sur le continent et que même la musique classique en a subi l’influence. « Tant que nous, les Africains, nous ne serons pas fiers de la diversité et de la richesse multiple que ce continent a apportées au monde, on sera toujours les dindons de la farce. Et moi, je refuse. Ma musique n’est pas une question d’équilibre : elle est la racine de tout. »
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