Tunisie : jusqu'à trois ans nécessaires pour régénérer les forêts ravagées par les incendies
La Direction générale des forêts recommande d'attendre un à deux ans minimum après un incendie avant toute intervention humaine pour laisser la nature se régénérer. Le reboisement artificiel, programmé entre la deuxième et la troisième année, ne doit intervenir qu'en cas de carence de la régénération naturelle.

Tunisie : la régénération des forêts incendiées exige patience et méthode
La restauration des forêts tunisiennes touchées par les feux n'est pas un processus instantané. Selon la Direction générale des forêts, il est impératif d'attendre entre un et deux ans minimum avant toute intervention humaine, afin de laisser les mécanismes de résilience naturelle opérer.
## Une première année de protection stricte
Dans les douze mois suivant un sinistre, l'action est exclusivement axée sur la protection et l'aménagement du terrain. Trois priorités se dégagent :
- La coupe et l'évacuation du bois calciné pour prévenir les attaques d'insectes ravageurs comme les scolytes.
- La lutte contre l'érosion par l'installation de fascines et de barrages en bois sur les pentes, sécurisant les sols avant les précipitations.
- L'interdiction totale du pâturage pour préserver les jeunes pousses naissantes.
## Le temps de la résilience naturelle
Lors de la deuxième année, les zones brûlées sont laissées en libre évolution. Les essences méditerranéennes démontrent alors leurs atouts remarquables : le pin d'Alep, le chêne-liège ou la bruyère voient leurs graines, abritées dans des cônes s'ouvrant à la chaleur, germer abondamment sur un sol enrichi par les cendres. Parallèlement, des espèces comme le caroubier ou le chêne rebourgeonnent à partir de leurs racines et rejets de souche.
## Le reboisement artificiel, ultime recours
Ce n'est qu'à partir de la deuxième ou troisième année que l'homme peut intervenir, et uniquement si la régénération naturelle s'avère insuffisante. Le reboisement artificiel doit alors être planifié entre novembre et mars pour profiter de l'humidité hivernale. Les autorités préconisent de diversifier les essences résistantes au feu et à la sécheresse (caroubier, olivier sauvage, pin pignon) et d'utiliser des plants locaux, en évitant strictement les monocultures.
La Direction générale met en garde contre la précipitation : planter trop tôt détruirait les graines latentes et fragiliserait la structure du sol. « La patience et l'évaluation sur le terrain sont le secret de la réussite de la restauration de nos forêts », insiste-t-elle.
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