Crise financière des cliniques privées : huit mois d'impayés de la Cnam menacent leur activité
La chambre nationale syndicale des cliniques privées alerte sur une crise de trésorerie qui met en péril de nombreux établissements, faute de règlement de leurs créances par la Caisse nationale d'assurance maladie depuis huit mois. Elle dénonce aussi des dettes libyennes non recouvrées depuis 2016 et une campagne de contrôle inédite de la Caisse nationale de sécurité sociale sur les charges sociales des médecins exerçant en activité libérale.

La chambre nationale syndicale des cliniques privées a averti que ses adhérents traversent une crise financière aiguë, susceptible d'entraîner l'arrêt d'activité de plusieurs établissements. En cause, selon elle, le non-paiement, depuis huit mois, de leurs créances par la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), une situation qui les empêche d'honorer leurs engagements envers les fournisseurs et de verser les salaires de leur personnel.
Les cliniques soulignent que les transactions avec la Cnam représentent entre 30 et 70 % de leur chiffre d'affaires, selon les établissements et les régions. Ce poids rend le déficit de trésorerie particulièrement lourd et compromet, d'après la chambre, leur capacité à assumer le coût des soins dispensés aux assurés sociaux.
À cette tension s'ajoutent deux autres fronts. D'une part, les cliniques rappellent n'avoir toujours pas recouvré leurs créances sur l'État libyen, accumulées depuis 2016 et déjà auditées à plusieurs reprises, ce qui, selon elles, aggrave le déséquilibre de leurs comptes. D'autre part, elles font état, depuis plusieurs mois, d'une campagne de contrôle sans précédent de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Celle-ci leur demanderait, pour la première fois, de prendre en charge les cotisations sociales de médecins exerçant en activité libérale au sein des établissements, notamment les radiologues et les anesthésistes.
Réunie en assemblée générale extraordinaire le mercredi 24 septembre 2026 au siège de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica), la chambre a examiné les dossiers relatifs à la Cnam et à la CNSS. Elle réclame une intervention rapide auprès de la CNSS afin que la question soit clarifiée publiquement par une note générale. L'objectif, selon les cliniques, est de les exonérer du paiement des contributions sociales des médecins qui exercent pour leur propre compte, affiliés au régime des non-salariés et rémunérés directement par les patients.
La chambre appelle également les autorités à intervenir auprès de la partie libyenne pour qu'elle honore ses engagements et règle les arriérés dus aux cliniques privées depuis 2016. Elle estime que ces impayés ont déjà porté une atteinte importante à leurs équilibres financiers et demande une réponse rapide des autorités chargées du secteur de la santé.
Partager
Dans la même catégorie

Santé : Tunis et Berlin veulent accélérer investissements et transferts de technologies
Le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a rencontré lundi 12 octobre 2026 en Allemagne Roland Gohde, président de l'Alliance allemande de la santé, afin d'examiner les voies d'un partenariat renforcé. Les deux parties ont convenu d'une visite d'une délégation économique allemande en Tunisie et de l'organisation d'un forum tuniso-allemand consacré à des projets d'investissement communs.

